Les grands hommes de la Restauration des terrains en montagne : Paul Mougin
L’histoire des services de la restauration des terrains en montagne (RTM) a été fortement marquée par des personnalités aux talents affirmés, dont Paul Mougin, un pionnier de la glaciologie.
Paul Mougin (30 juin 1866, Remiremont – 19 mai 1939, Champigneulles)
Diplômé en 1888 de l’École des eaux et forêts de Nancy, il est repéré par Prosper Demontzey qui l’affecte à la commission des reboisements de la Savoie en 1891. Jusqu’en 1911, il consacre sa carrière à la correction des torrents en Savoie et Haute-Savoie.
Deux grands chantiers sont emblématiques de sa carrière et de ses ambitions techniques.
- Sur le torrent de Saint Julien de Maurienne, entre 1896 et 1897, il organise le creusement d’un tunnel pour dévier les eaux torrentielles menaçant régulièrement le village de la vallée : une première.
- Sur le glacier de Tête rousse, après la catastrophe de Saint-Gervais en juillet 1892 (une lave torrentielle causée par une débâcle glaciaire), il supervise la construction d’un tunnel de 599 mètres à 3 000 mètres d’altitude. Ce tunnel de dérivation permettra d’éviter la formation de poches d’eau sous le glacier et de dévier les eaux vers le glacier de Bionnassay.
Glaciologie et météorologie
Paul Mougin va développer la glaciologie au sein de la RTM et publier des articles scientifiques sur les glaciers de Savoie et Haute Savoie.
Il s’est intéressé à leurs variations, leur vitesse, leurs crues et décrues, ainsi qu’à l’abondance et à l’équivalent en eau des précipitations nivales.
Il invente le pluviomètre totalisateur Mougin. Ces outils de mesure, d’abord au nombre de vingt, seront installés en altitude dans les deux départements, au début du XXe siècle. Ces nivo-pluviomètres étaient relevés une fois par an et indiquaient la valeur en eau de fusion des précipitations tombées depuis le relevé précédent. Ils complétaient les stations nivométriques placées dans des zones plus faciles d’accès, en deçà de 2 000 mètres d’altitude.

Avoir enfin le moyen de surveiller les chutes de neige permet d’anticiper l’alimentation des cours d’eau en période estivale quand les pluies sont irrégulières et présente un intérêt majeur, notamment pour les entreprises utilisant l’énergie hydraulique.
Nommé inspecteur général après la Première Guerre mondiale, Paul Mougin présidera le conseil d’administration de l’École des eaux et forêts avant de prendre sa retraite en 1934.
Il publiera également des synthèses majeures sur les torrents de Savoie (ouvrage et les trois albums photographiques), les forêts de Savoie et la restauration des Alpes.
Sources bibliographiques
Association des officiers des eaux et forêts (France). (1939). Nécrologie de Paul Mougin. Revue des eaux et forêts : économie forestière, reboisement... p. 460-468 / dir. : S. Frézard, 1939-01-01
Messines du Sourbier, J. (1939). Nécrologie. Paul Mougin—Inspecteur général des Eaux et Forêts (1866-1939). Revue de Géographie Alpine, 27(4), 899‑904.
Texte écrit par Pascale Hénaut (INRAE - DipSO)
Pour citer ce texte : Focus Agate : Les grands hommes de la Restauration des terrains en montagne : Paul Mougin, Pascale Hénaut (INRAE DipSO), mars 2026. https://agate.inrae.fr/agate/fr/content/focus


